Zoom sur Roberto De Zerbi, le nouvel entraîneur de l’OM


04 juillet 2024

À la surprise générale, l’Olympique de Marseille a su attirer Roberto De Zerbi sur son banc pour les 3 prochaines saisons, lui qui était sur les tablettes de cadors européeens. 

Alors que les supporters olympiens attendaient l’officialisation de l’entraîneur portugais Sérgio Conceição sur les bords de la Méditerranée, le tandem Longoria-Benatia a bouclé dans la discrétion un autre dossier, celui du désormais ancien entraîneur de Brighton. 

Un parcours ascendant 

Né à Brescia, Roberto De Zerbi n’a pas eu une grande carrière de joueur enchaînant les clubs italiens. Sa carrière d’entraîneur a démarré en Serie D italienne avant de monter les échelons et de s’asseoir sur le banc de Sassuolo à l’été 2018. Une expérience de trois années qui aura charmé les supporters des Neroverdi par son jeu porté vers l’avant et spectaculaire, finissant à deux reprises à la 8ème place du championnat italien, le 2ème meilleur classement du club depuis son accession en Serie A en 2013/2014. Après son passage en Italie, il signe avec le club du Shakhtar Donetsk, où il remporta la Supercoupe d'Ukraine, ce qui constitue le seul titre au haut niveau du technicien italien à ce jour. Il quitta « d’un commun accord » le club ukrainien à cause de la guerre en juillet 2022. 

En septembre 2022, il s’engage avec Brighton, après le départ de Graham Potter pour Chelsea. Équipe surprise de la saison, ils n’ont perdu que 3 fois face au top 5 du classement anglais, s’imposant notamment contre Arsenal (0-3) et Liverpool (3-0). Il a également qualifié les Seagulls en Ligue Europa pour la première fois de leur histoire en finissant 6ème de Premier League. Lors de cette campagne européenne, il avait annoncé avant d’affronter l’OM en phases de poules (2-2, 1-0), qu’il avait déjà eu des contacts par le passé avec la direction marseillaise sans que cela ne se fasse. Ça n’était donc que partie remise.

Preuve que l’Angleterre était séduite par ce que son équipe produisait, il avait reçu les louanges de Pep Guardiola, entraîneur de Manchester City : "Je suis certain que Roberto De Zerbi est l'un des managers les plus influents de ces 20 dernières années », a affirmé l’ancien entraîneur du FC Barcelone il y a 1 an. « Mon admiration grandit chaque saison... Il a fait, et fait, un travail incroyable à Brighton. Demain, c'est l'un des matches les plus difficiles de la saison […], en raison de la façon dont ils jouent" avait déclaré le catalan en avril dernier avant de l’affronter. Rien que ça. 

Un style « guardiolesque » 

"Pour moi, le résultat n’est pas important. Ce qui l’est, c’est de voir comment on arrive à ce résultat." Des propos du coach italien qui rappellent un autre entraîneur très apprécié du côté de la Canebière, un certain Marcelo Bielsa. Il avait d’ailleurs avoué s’inspirer de lui et de Pep Guardiola pour parfaire sa connaissance et son style de jeu. 

Sa philosophie prône un jeu de possession offensif avec beaucoup de mouvement pour créer des espaces et prendre la profondeur. Des occasions qui partent généralement du gardien, avec des transmissions courtes, précises et rapides pour faire circuler le ballon et amener de la fluidité sur le terrain. Adeptes des combinaisons en triangle et d’une volonté d’être en situation de supériorités numériques, il ne craint pas la prise de risque étant très pointilleux sur l’aspect tactique. « C'est un fou de football, très attaché au moindre détail tactique de son équipe, sur les phases offensives comme défensives », confiait auprès d'Eurosport Mehdi Bourabia, ancien joueur de Sassuolo. Le gardien est également une pièce maitresse de son jeu, qui prend souvent le rôle de 3ème défenseur central lors de la construction du jeu, devant être à l’aise avec ses pieds. Ses équipes écartent généralement le ballon sur les ailes pour jouer avec les arrières latéraux qui longent les lignes de touches. Une méthode qui permet de trouver le cœur du jeu pour se procurer de nombreuses occasions. À la perte de balle, le coach veut que ses joueurs s’efforcent à récupérer le ballon pour éviter de s’exposer à des contres attaques adverses, ayant un penchant pour un marquage individuel. 

A l’entraînement, le technicien italien amène de l’intensité, du travail tactique et de la répétition de séquences de jeu et de mouvement avec une exigence physique et mentale élevée. Ses joueurs doivent aussi apprendre à s’adapter et à anticiper en fonction de l’adversaire. « Il s’agit de contrôler le jeu, de progresser balle au pied. Peu importe si on perd parfois, tant que l’on ne renonce jamais à la beauté du jeu. Je ne critique jamais un joueur pour avoir échoué à faire ce que je lui ai demandé d’essayer. Ce qui m’irrite, c’est lorsqu’il échoue puis se dérobe à ses responsabilités », avait précisé l’italien lors d’une interview.

Mais sa personnalité permet aussi à ses joueurs d’adhérer à ses méthodes. « C'est un homme honnête et droit. Un entraîneur très franc, qui va te dire les choses en face. Il est toujours là à nous motiver, il ne laisse pas tomber ses joueurs, il a une grande influence psychologique. Il sait aussi responsabiliser. » expliquait Mehdi Bourabia.

Malgré des préceptes qui vont faire plaisir aux supporters marseillais, le football pratiqué par les équipes de De Zerbi peut s’avérer très risqué, subissant beaucoup trop d’occasions. Lors de la saison 2019/20, Sassuolo était la 7ème pire défense du championnat malgré sa huitième place au classement général. 

De belles plus-values 

De nombreux joueurs ont progressé sous la houlette de l’italien et ont vu leur valeur marchande grimpée, à l’instar de Kaoru Mitoma dont la valeur sur Transfermarkt a été multiplié par 15 et d’Evan Ferguson multiplié par 50 depuis l’arrivée de De Zerbi chez les Seagulls. D’autres joueurs présents lors de sa première saison sur le banc anglais sont partis pour des clubs plus huppés : Leandro Trossard à Arsenal pour 24 millions, Moisés Caicedo à Chelsea pour 116 millions et Alexis McAllister à Liverpool pour 42 millions. Si l’OM arrive à profiter de l’italien pour maximiser le potentiel de ses joueurs, nul doute que les finances marseillaises apprécieront.  

L’italien s’est d’ailleurs très vite mit au travail avec la direction. Deux nouvelles recrues ont déjà été annoncés : le milieu de terrain Ismaël Koné en provenance de Watford pour un montant de 12,5 millions hors bonus et le prêt avec obligation d’achat de 11,5 millions d’euros hors bonus pour le défenseur brestois Lilian Brassier.

Jordan Touati

Crédit Photo - Icon Sport